Mutations

Après les transformations, les mutations !

Ciel tourmenté, Loire apaisée, au large d’un stade en resto muté :

mutations | photo MDstudio
bord de Loire, ancien stade Marcel Saupin et nouvelle Passerelle de Marcel | photo MDstudio

En quoi le pouvoir d’un cliché, argentique ou numérique, s’en trouve-t-il pour autant modifié ? En d’autres termes : une photographie numérique, visible en ligne, a-t-elle le même impact qu’une photographie imprimée ? Jusqu’où le rapport tangible à l’œuvre confère-t-il ou altère-t-il la puissance du visuel ?

La photographie connaît des évolutions techniques ; elle accompagne les transformations technologiques, éprouve régulièrement des questions déontologiques et plus récemment, écologiques. Mais y a-t-il mutations finalement ? Le support change, et avec lui, évoluent les modalités d’échanges. La circulation se modifie mais la finalité ? Pas si sûr.


Deux sources pour approfondir la question :
– Encyclopédie en ligne Universalis : Photographie et mutations technologiques sur universalis.fr/
– Parlement de la photographie : le monde de la photographie à l’heure des mutations sur culture.gouv.fr/

Transformations

Un Origami qui m’a tenue compagnie…

Origami - Pégase - table du Bar de Mme Spock, Utopiales 2021 "Transformations" | photo MDstudio
Un Origami qui m’a tenue compagnie au Bar de Mme Spock | Utopiales 2021 « Transformations » | photo MDstudio

Transformation d’un.e auteur.e inconnu.e mais que je remercie pour m’avoir intriguée un moment et pour m’avoir insufflée la thématique de ce mois, parfaitement raccord avec celle des Utopiales 2021 « Transformations » !

Origami - Pégase - table du Bar de Mme Spock, Utopiales 2021 "Transformations" | photo MDstudio
Photographie sans retouches | Origami au Bar de Mme Spock | Utopiales 2021 « Transformations » | photo MDstudio

Le chiffon de fibre végétale ou synthétique, transformé en papier, qui lui même se meut attablé en une sculpture figurative et onirique. Toast à nos prochains modes de vie et de société, à notre environnement culturel et « naturel », amenés à se transformer, tant en mythe(1) qu’en réalité(2).

Origami - Pégase - table du Bar de Mme Spock, Utopiales 2021 "Transformations" | photo MDstudio
Photographie sans retouches | Utopiales 2021 « Transformations » | photo MDstudio

(1)Transformation… En mythe : réécriture du passé à la lumière de nos connaissances actuelles. Une réinvention courante, régulièrement observée à travers l’histoire (roman national par exemple).

(2)Transformation… En réalité : dans les faits. Au présent.


La figure de Pégase m’a vraiment semblé intéressante, à la fois pour son envolée technologique (métaphore du cloud et son utilisation intensifiée, le besoin de re-connexion ou de dé-connexion en confinement, voire carrément une allégorie au développement de multivers) comme sa précipitation vers un onirisme aérien au détriment d’une réalité plus terne, plus terre à terre.

Aussi, entre précipitations orageuses et assèchements locaux, responsabilisé de tous ces changements climatiques, n’a-t-on point envie de changer d’air, de s’évader, d’échapper aux lendemains peu optimistes, quelques instants ? Prendre de la hauteur pour ensuite redescendre et s’attaquer aux problèmes de fond ?


Ici, ce Pégase est une invention fictive, humaine, une chimère élégante imaginée à partir d’animaux, le cheval et l’oiseau. Probablement des espèces que l’humain affectionne par leur beauté et leur « praticité », entre le transport et la chasse, peut-être même en tant que familiers. Toutefois, la chimère, en tant qu’association génomique de plusieurs espèces, n’est pas systématiquement irréelle…

Septembre mélodique, vestige monodique

Sur quel espace donne cet interphone ?

Un interphone relié au néant sur un chantier
Septembre mélodique, vestige monodique | photo MDstudio

Souvenir d’un bâtiment accueillant du public dans un environnement ludique, le seul témoin de festivités passées contemple l’espace à présent dénudé. Cette porte aujourd’hui symbolique accueillera-t-elle un futur public ? Que va succéder à un lieu qui concourrait au réchauffement de la rue et des cœurs ?

A chaque fois qu’on abat un édifice, déracine un parking, dépeuple une cour intérieure, je souhaite qu’y naisse un espace partagé tant pour les humains pour les autres espèces que nous côtoyions. Ou avons côtoyées. Pour qu’une échappée de verdure sourit à nos sens, nos roues et nos pas, qu’une verte trouée censure le plâtre et le bitume ; qu’un souffle d’air aère la vue, l’ouïe et l’odorat. Mais à chaque fois, en lieu et place des brins d’herbes, poussent des fondations de métal, que bientôt surplombent des étages, souvent plus hauts encore que leurs prédécesseurs.

Septembre mélodique, vestige monodique

Un pilier d'interphone esseulé sur un chantier, comme un monolithe dressé
Un interphone relié au néant sur un chantier | photo MDstudio

Septembre cinétique, vestige monolithique

Au pied des ruines, toute communication coupée
Le monolithe de la ville et son parterre de gravas | photo MDstudio
Le monolithe de la ville et son parterre de gravas
Au pied des ruines, toute communication coupée | photo MDstudio
un pavé de construction, chantier de l'ancien Wilton, au pied de l'interphone esseulé
première pierre pour le prochain projet | photo MDstudio

Toujours en mutation, perpétuellement en transformation, la cité est en cours de construction – vers une minie Trantor en cours d’apparition ?

Rentrée des classes sans impasses

Encore une année singulière pour les enseignants et apprenants. Mais avant de s’assoir au bureau ou au banc… Entre la chaussée et l’accotement, le cycliste suit ici une parallèle à l’axe piétonnier. Sur le bitume granulé en dur comme sur l’asphalte lissé et sûr, chaque humain y a sa place ; pour emprunter le bon chemin, écoliers ou salariés, suivez la trace :

photo MDstudio | photographie en noir et blanc | bitume, accotement, symbole cycliste et piéton
rentrée des classes sans impasses | signalétique cycliste et piétons | photo MDstudio

Sûr pour ce chemin adapté à nos roues et créé à nos pas, assurés ou rassurés peut-être par la perspective enseignée ; vers l’avant, l’avenir et à l’arrière, le passé. Pour les autres animaux, point de parcours excepté dans les airs.

Ce cliché est aussi un clin d’œil complémentaire au one-shot anecdote En juin avancer bon train 😉 De là à photographier toute la signalétique au sol de la sécurité routière et passagère…


Changeons alors de sol et allons sur l’eau ! Pour emprunter un autre véhicule, toujours à roues, avec un plan – séquence sur la progression d’une péniche, sur la Loire à Nantes :

  • péniche sur la Loire à Nantes | photo MDstudio
  • péniche sur la Loire à Nantes | photo MDstudio
  • péniche sur la Loire à Nantes | photo MDstudio
  • péniche sur la Loire à Nantes | photo MDstudio

Une séquence de métaphore, où le ponton du navire se dirige vers le prochain pont (masqué sur le premier plan mais dévoilé aux plans 2, 3 et 4), un horizon d’optimisme où le pont représente le passage entre deux environnements. Mais aussi une interrogation (scolaire comme théorique) : la péniche avance vers la gauche de l’image, une direction qu’en Occident, on désigne comme le passé. Or l’enseignement porte bien sur le passé : composé, imparfait ou plus-que-parfait, entre la conjugaison et le discours rapporté sur la gloire d’historiques victoires – même si cet apprentissage du passé est sensé nous porter vers le futur. Un futur simple, conditionnel ou aléatoire avec tirage sans remise ?

En août, point de doute

Après les gastéropodes, place aux gallinacés ! Les poules mangent les escargots (entre autre) donc le lien entre juillet et août est tout trouvé, avec un plan séquence pour deux photographies agencées :

plan séquence – poule par la porte entrebâillée – photo MDstudio

Juste pour le plaisir de la comparaison d’images, un petit effet de WordPress que j’aime énormément !

Descendante des dinosaures et espèce domestiquée, elle égaie de son chant ou caquètement les moments de la journée… Autant que les quotidiennes assiettées. La poule (plus que le coq) revient en zone périurbaine voire franchement urbaine. Tantôt dans l’humble rôle de composteur sur pattes ou de nettoyeuse de sol, tantôt dans celui de l’animal de compagnie ou de compétition à pedigree, parfois pourvoyeuse de chair et souvent d’œufs frais. Quelques fois aussi, en source de distraction pour le chat ou chien du voisin, quand il ne s’agit pas directement du voisin lui-même.


Les deux images fixes, complètes, ci-dessous, qui composent le plan séquence de ce mois d’août :

En juillet, faire le guet ou le coquet

Au creux des tiges, paré d’une dextre coquille spiralée, un gastéropode recroquevillé se fige. Dans l’obscurité de la fraîcheur dissimulé, l’escargot semble attendre un temps propice avant d’appréhender les verdoyantes – et appétissantes – pistes !

coquille d'escargot habitée avec un gastéropode fixé entre les tiges d'une plante | photo MD studio
escargot enroulé dans sa coquille | photo MD studio

Pluie de juillet, faisons le guet pour séduire puis le coquet pour s’enhardir !


Une photographie d’escargot me semblait appropriée ce mois-ci : entre l’attente parfois prolongée et le sentiment d’impuissance face aux évènements, la capacité à se reconstruire inhérente de la coquille sauf pour l’apex qui reste très fragile, cet animal renvoie à un état d’esprit et à une résilience fluctuants, adaptée aux circonstances de 2021.

En juin, avancer bon train

La photographie qui suit évoque à la fois les pertes liées à la pandémie (trou de chantier à gauche, personnage à l’envers) et la nécessité de devoir avancer (le dessin de piéton à droite) :

symbole de piéton sur le béton | photo MD studio
symbole de piéton sur le béton | travaux de la gare SNCF de Nantes Sud | photo MD studio

Avançons-nous vers le monde de demain ou celui d’hier ? Monde d’après ou d’avant, on s’y engouffre avec empressement !

…Tandis qu’après les semis de retrouvailles, point de départs qui déraillent ! Quand je dis « en juin, avancer bon train », c’est au sens propre du terme :

voie 4, TGV en gare de Nantes vu de la passerelle | photo MD studio
voie 4, TGV en gare de Nantes vu de la passerelle | photo MD studio

Espérons qu’il en germe une transition positive à l’ensemble de la société – ici avec une allégorie photographique de l’arbre soutenant la verrière et symbole de la passerelle entre les mondes, le passage aérien entre les gares Nord et Sud de Nantes :

Arbre d'architecture, passerelle Gare de Nantes | photo MD studio
Arbre d’architecture, passerelle de la Gare de Nantes | photo MD studio

En mai, je sèmerai…

…Les plants de l’amitié, des terrasses et plus si affinité ! A l’air libre et en société, débute ce mois de mai. Frais, venteux, humide, on sème entre deux éclaircies, on paille entre deux averses histoire de garder au chaud les projets de l’été.

Jeunes plants de capucines, feuilles tournées vers le soleil | photo MDstudio | photographie en noir et blanc | mai 2021
Jeunes plants de capucines, feuilles tournées vers le soleil | photo MDstudio

Pour illustrer mon sujet du mois, j’ai simplement opté pour les graines de capucines, issus d’une plante qu’on m’a offerte l’an dernier et dont les petits ont bien prospéré !

Jeunes plants de capucines sous un paillage, en bac| photo MDstudio | photographie en noir et blanc | mai 2021
Du paillage émergent les jeunes pousses | premières capucines | photo MDstudio

Si le paillage est synonyme de prévention et de précaution, vous savez lire entre les lignes ; )

En avril, on décroche le fil

… Le fil du ballon :

Ballon d'hélium & Pachira | photo MDstudio
Ballon d’hélium & Pachira | photo MDstudio

Le dicton « en avril, ne te découvre pas d’un fil » reste bien valable cette année : beau temps et froidure pour un confinement certes relâché mais qui dure. Donc, si l’on désire des clichés avec une lumière rasante ou crépusculaire, on improvise : ici un jeu de lumière entre le ballon d’hélium, recevant la clarté de fin de journée, provenant de la fenêtre (hors cadre, à droite) et distribuant cette lumière singulière sur son environnement. Il apparaît un fort contraste entre la pièce assombrie et surtout, le deuxième acteur de cet instant, le Pachira (arbuste en bas à droite) intensément éclairé par cette source de lumière improvisée, réfléchie de plein fouet par la surface du ballon plastifié. Une expérience juste le temps de la photographie, car ce châtaignier de Guyane n’est pas réputé pour apprécier la lumière directe… Sinon, il crame !

Jeu d’ombres et de lumières

Suite de pâquerettes en fêtes, photographie prise en hauteur cette fois : est-ce que je pose réellement la main sur cette arbre ? Ou seulement un effet de projection dans cette ombre portée ?

photographie en noir et blanc, projection ombre, silhouette humaine & tronc d'arbre, herbe et pâquerettes | photo MDstudio
Un effet de tourbillon dans cette photographie en ombre chinoise | photo MDstudio

A l’inverse, une photographie prise à un niveau intermédiaire – et ainsi accorder un bel effet de perspective à ce chemin ajouré de soleil : pour que la lumière jaillisse entre les branches effilées, caresse l’asphalte dans un léger dégradé, les différences de tonalité sont les bienvenues :

photographie en noir et blanc, vue d'un chemin en bord de Loire, contre-jour, ombre des branches sur le talus et l'asphalte | photo MDstudio
Vue d’un chemin en bord de Loire, contre-jour | photo MDstudio